Lundi 21 juin 2010
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Liège est une ville ardente, c’est du moins ainsi qu’on la
qualifie. Rien à voir avec l’ardeur d’avance dont se prévalent nos amis luxembourgeois. Ici, ce serait plutôt une ardeur combative.
A l’occasion du 1er mai, le premier de Liégeois
en vote de préférence, Michel Daerden, dont le succès international ne fait aucun doute puisqu’il a souvent été la vedette du "hit parade des internautes" sur You Tube, avait commencé la
« bisbrouille » comme l'on dit à Lîdge.
Furieux de voir la place de candidat en tête de liste lui
échapper au profit d’Alain Mathot, il avait lancé lors du meeting de la Fête du Travail, "J'ai dit à Alain: tu veux être Premier ? Si tu veux être Premier tu seras Premier ". Mais à la
demande qui lui était faite par un journaliste de savoir qui était le premier à Liège, il avait répondu: "C'est papa !".
Et Papa c’est lui. Celui qui va au café du coin, celui qui
est assez malin pour convaincre l’électeur qu’il a la fortune modeste, qu’il aime les petites gens, les pauvres, les pensionnés et même les malades et invalides. Une sorte de Sœur Térésa dans le
paysage gris d'une cité en désespérance de travail et d'espoir, tellement bien décrite par les frères Dardenne attient de sinistrose.
Avec ses 72.000 voix de préférence recueillies le 13 juin
dernier, Papa se trouve donc en tête des élus socialistes et compte bien régler ses comptes avec ceux qui ont osé soutenir le clan qui l’avait relégué en dernière position (à sa demande, il est
vrai, sur la liste des candidats. Sans doute, s'était-il souvenu de quelqu'un qui avait dit dans le passé "Ceux qui sont les derniers seront les premiers" et cela valait mieux que de figurer
entre deux candidats sans grande importance.
La première victime du combat fratricide est Stéphane
Moreau, que Papa a démis de ses responsabilités de Bourgmestre faisant fonction de la Commune d’Ans, dont il est le Bourgmestre empêché. L’homme de « confiance » qu’il avait choisi pour
le représenter, croyant que le vent politique tournait, avait marqué de la sympathie pour le clan Demeyer/Mathot.
Avec Papa, cela se paie comptant. Il n’a pas toujours
l’ivresse gentille, surtout quand c’est celle de la victoire. Mais la première victime de cette rixe n’est pas pour autant morte. Elle est directeur général de l'intercommunale Tecteo ainsi qu'à
la tête de 27 autres mandats, dont neuf rémunérés.
Les Liégeois, toujours amateurs de
combats de coq attendent avec un intérêt certain la suite du spectacle et il risque d’être amusant.
Volà porqwè, Volà porqwè, tout le monde aime Papa.
Pour nos
amis français, pastiche des dernières paroles du "Tchant des Walons", Voilà pourquoi, voilà pourquoi, on est fier d''être Wallon !
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