Texte Libre

Le blogue de René G. Thirion
Ses humeurs, ses réflexions, ses critiques
Ce blogue ne représente en rien l'expression officielle du Rassemblement Wallonie France (RWF)
Il est l'expression d'un citoyen libre qui refuse les pensées uniques quelle qu'en soit la provenance.
 " Le mal que nous faisons ne nous attire pas tant de persécution et de haine 
              que nos bonnes qualités
 "   François de Larochefoucauld               
 

Wallonie-France

Mercredi 7 avril 2010 3 07 /04 /2010 12:07

 RTL-Info l’annonce aujourd’hui, « "Reynders n'approuvera rien sans l'élargissement de Bruxelles".

 

 

Didier Reynders, président du MR et vice-premier ministre fédéral  ne donnera jamais son feu vert à un accord sur BHV sans un élargissement de Bruxelles.

 

Dans une interview donnée au quotidien flamand De Morgen ce mercredi, il estime par ailleurs, qu'il est déjà établi que la nomination des bourgmestres francophones des communes à facilités régulièrement élus fera également office de monnaie d'échange pour une scission.

 

Enfin un politique wallon qui semble vouloir opposer des exigences francophones à celles des Flamands. Évidemment, une posture politique du président d’un parti en perte de puissance où une fraction FDF assure une bonne position électorale à Bruxelles.

 

Mais, en jouant une carte impossible à accepter par les partis politiques du nord, il sait qu’il y a un risque important de voir le parlement fédéral faire passer en force la fameuse loi de scission, les Flamands la votant comme la première fois en bloc (juste une maigre voix d’abstention de Groen). Dans ce cas, la Belgique va vaciller dans un cahot politique prévu et annoncé par Paul-Henry Gendebien.

 

Un Dehaene est-il suffisamment influent en Flandre pour faire accepter un report de ce problème aux calendes grecques, sinon après la présidence belge de l’Europe ?

 

Est bien malin celui qui peut affirmer un apaisement communautaire dans les prochains mois !

Comme le dirait un barman anglais, “ Gentlemen, time is up, the bar is closed” !

Par René G. Thirion - Publié dans : Wallonie-France - Communauté : Parlons politique
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Mardi 6 avril 2010 2 06 /04 /2010 10:41

Éric Zemour, journaliste, chroniqueur, romancier français  vient de publier un essai politico-historique sous le titre de ‘La Nostalgie Française ».

 

Ouvrage d’un homme cultivé, amoureux de l’imperium français, il décrit l’histoire tragique du continent européen en quête d’une « pax romana » perdue et où le désir de la retrouver, oppose les deux puissances continentales, la France, tenant de la latinité et l’Allemagne fer-de-lance de la germanité, la perfide Albion utilisant ces déchirements pour asseoir son empire maritime au niveau mondial.

 

Et au milieu de ces affrontements Nord/Sud, le territoire de l’actuelle Belgique devient le champ de bataille habituel, la cassure pratiquement éternelle entre deux cultures diamétralement opposées.   Dans le chapitre « Le Belge », Éric Zemour rappelle cela et évoque la création d’un état factice, voulu par les alliés vainqueurs de l’empire napoléonien, servant de tampon entre la France et les Pays-Bas, boutés hors du territoire occupé par le peuple français de la future Belgique, Brabançons et Liégeois en tête.

 

Cette Belgique virtuelle n’a jamais cessé de subir la rivalité germano-latine en son sein et l’amène doucement à la rupture totale.

 

C’est ce que précise l’auteur de cet ouvrage dans sa chronique sur RTL France à propos de la non-nomination des Bourgmestres de la périphérie bruxelloise.

 

Analyse lucide d’un œil indépendant (mais il n’est pas le seul. Jean Quatremer, journaliste de Libération témoigne souvent du même fait). Il m’a semblé utile de donner la transcription de ce témoignage.

 

«  Les optimistes diront que la querelle linguistique entre Wallons et Flamands est aussi vieille que la Belgique. Et ils n'ont pas tort. La Belgique a été une création de l'Angleterre après les guerres napoléoniennes. Elle a été inventée pour empêcher les Français de tenir Anvers et de contrôler le commerce maritime anglais. C'est un peu notre RDA à nous".

"Pendant longtemps, la bourgeoisie flamande a parlé le français. Le flamand, ou plutôt, les innombrables dialectes flamands étaient la langue des pauvres. Doit-on bégayer par amour du bègue ? » titrait encore Le Soir en 1907".

 

Et Bruxelles?

"Ce n'est que dans les années 50 que le mouvement flamand, profitant de sa domination démographique d'abord, puis économique, a renversé la vapeur. Mais voilà, il y a Bruxelles. Au départ, la ville était une bourgade flamande. Mais en grandissant, en devenant la capitale de la Belgique et de l'Europe, elle est devenue de plus en plus francophone. Le fameux accent belge d’ailleurs, est celui des Bruxellois qui sont passés du flamand au français."

"Cette francisation de Bruxelles est un drame pour les militants indépendantistes flamands, qui ne veulent pas perdre la seule marque belge connue dans le monde entier. Bruxelles est devenue une grande capitale mondialisée avec des services haut de gamme, des salariés très compétents, une population fort riche, grande consommatrice, même si des poches de misère importantes se multiplient au cœur même de la ville. Bref, Bruxelles est un trésor économique que les indépendantistes flamands ne veulent pas abandonner à ces Wallons honnis."

 

La non-nomination des "maires" de la périphérie

"Mais leur arme linguistique se retourne contre eux puisque Bruxelles parle français, alors, pour contenir l'avancée du français dans les communes de la périphérie de Bruxelles, où le flamand est encore censé dominer, ils se font de plus en plus durs. D’où cette histoire de maires dont on rejette l’élection parce qu’ils ont distribué des tracts en français. Ce sont des pratiques dignes de l’occupation allemande, a estimé le président des fédéralistes démocrates francophones. Il faut dire que pendant la Seconde Guerre mondiale, la Flandre était un soutien zélé des nazis, tandis que la Wallonie résistait à l’envahisseur allemand."

 

« L'état unitaire belge est devenu une fiction »

« Dans les compagnies de train ou les télévisions, la scission entre Wallons et Flamands est déjà faite. L'État unitaire belge est devenu largement une fiction. La crise de 2008 a vu les derniers joyaux de la couronne bancaire belge passer sous la domination française. Mais l'officialisation de cette séparation entre Wallons et Flamands serait un symbole cataclysmique pour les institutions européennes qui ont fait de la Belgique un modèle de coexistence pacifique. Alors, la Belgique ressemble de plus en plus à ces héros de dessins animés qui courent encore au-dessus d'un précipice. Mais jusqu'à quand? »

 

Écouter la chronique sur le site de RTL France

Par René G. Thirion - Publié dans : Wallonie-France - Communauté : Parlons politique
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Lundi 29 mars 2010 1 29 /03 /2010 16:17

Bernard Clerfayt, FDF qui avait décroché un mandat de député fédéral en juin 2007 avec un excellent score réalisé dans l’arrondissement de BHV a déclaré ce matin sur une radio :  « Ce que j'observe c'est que Jean Luc Dehaene travaille sur des sujets qui sont des demandes flamandes. Je n'entends pas qu'il travaille sur des propositions de nature à satisfaire les francophones ».

« Il a pour charge de venir avec des propositions qui devraient, en partie sans doute, satisfaire des demandes flamandes. A lui de les ordonner et de les présenter » a-t-il ajouté.

« Mais il doit aussi mettre dans son escarcelle quelque chose qui pourrait satisfaire des demandes francophones. Il n'est pas question qu'il vienne simplement avec les demandes flamandes en disant aux francophones, c'est à prendre ou à laisser », a-t-il déclaré comme un miséreux francophone qui tend une main tremblante à son puissant voisin. Nous ne sommes demandeurs de rien, chantaient en chœur les francophones réunis. Il faut admettre qu’aujourd’hui, il sont prêts à accepter les demandes flamandes pour quelques compensations électorales.

Jean-Luc Dehaene, le bulldozer de Vilvoorde, après avoir promis des pistes de solutions pour supprimer avant Pâques l’épine BHV qui est dans le pied du gouvernement fédéral les a reportés après le congé de Pâques, c’est à dire quelques jours avant une nouvelle et dernière« sonnette d’alarme » possible ou un passage certain en force au parlement où cette fois, la majorité flamande imposerait définitivement sa volonté à la minorité francophone.

Bien sûr, quelle que soit la solution du conflit politique, les Flamands finiront bien par forcer les politiques wallons et bruxellois à déclarer l’impossibilité de continuer à vivre dans un état fédéral devenu une dictature et à prendre leurs responsabilités. Il n’y aura alors que trois alternatives possible, le retour à un état unitaire, mais quels sont les Flamands qui accepteront ce retour en arrière, l’acceptation des deux régions comprenant le même nombre de parlementaires flamands et wallons, les deux régions assumant alternativement la direction du gouvernement ou la scission pure et simple en deux ou trois entités indépendantes.

Dans la troisième occurrence, la Wallonie, qui ne pourrait vivre seule, se tournera en fin vers la France et intégrera la  puissance économique et diplomatique qui lui rendre son lustre du début du XXe siècle, vous savez celui de l’époque où la riche Wallonie a financièrement aidé la Flandre à gagner la puissance qui nous écrase maintenant !

Par René G. Thirion - Publié dans : Wallonie-France - Communauté : Parlons politique
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Samedi 27 mars 2010 6 27 /03 /2010 11:59

Le GEWIF (Groupe d'études pour la Wallonie intégrée à la France ) vient de publier son premier cahier, intitulé "Faits économiques et perspectives ».

 

Les membres fondateurs en sont Edgard Baeckeland, Guy Bertrand, Willy Burgeon, Jean-Alexis D’Heur, Paul Durieux, Jules Gheude, Jean-Sébastien Jamart, Philippe Lange, Jean-Luc Lefèvre, Jean Lerusse, Jean-Claude Matrige, Michel Pieret, Jean-François Renwart. La plupart sont des ex-membres du RWF souvent candidats malheureux aux dernières élections régionales qui font porter leur échec à une stratégie d’approche  de l’électeur du RWF (selon eux - NDLR) qui effraie les Wallons, cramponnés à un système politique d’assistanat généralisé.

 

Comme attendu, ce premier cahier reprend l’argumentation qu’un certain Jacques Lenain,  Français de son état et auréolé de son appartenance à un cabinet ministériel français (celui des sports apparemment) avait apporté aux États généraux de Wallonie en mai 2009. Il faut bien dire que ces États généraux avait été suivi par  une centaine de participants, la plupart de la mouvance rattachiste et que les résultats du vote qui justifie la création du GEWIF, n’offraient aucune légitimité à parler d’une expression populaire.

 

Mais voici quelques perles glanées parmi les considérations éditées .

 

À propos de la ligne politique de réunion à la France du RWF :

 

« (…) Jacques Lenain écarte aussi catégoriquement la formule « assimilation », qui détruirait le système juridique et social belge hérité de près de deux siècles d’histoire ainsi que les récents acquis des Wallons en matière d’auto-administration.

 

En outre, comme l’ont montré les travaux de la commission « réunion à la France » des États généraux de Wallonie, une assimilation serait proprement inapplicable du fait de divergences essentielles entre les systèmes belges et français, notamment en matière d’enseignement (la France ne connaît pas le Pacte scolaire), de santé (les mutuelles sont chez nous politisées et puissantes), de législation sociale (durée du chômage limitée en France). (…) »

 

Mais tout n'est pas perdu :

 

« Pour Jacques Lenain, seule une formule d’union-intégration pourrait constituer une solution réaliste. Contrairement à une opinion encore largement répandue, explique-t-il, le cadre institutionnel français offre, en effet, une très grande souplesse. Il permettrait, via l’octroi d’un statut particulier (article 72 de la Constitution), de combiner le maintien de l’autonomie de la Région wallonne et la conservation de l’essentiel du corpus juridique belge avec la solidarité nationale financière et sociale française, garante du maintien des systèmes sociaux et des services publics.

 

Et tout cela, en assurant la protection politique d’un État fort, avec un soutien

politique complet. En un mot, les Wallons ne devraient pas se présenter tout nus devant Marianne pour revêtir l’uniforme français.

 

Entité régionale maintenue, la Wallonie conserverait ainsi ses organes d’auto-administration actuels (Parlement et gouvernement). Ses compétences seraient préservées et même élargies à celles exercées par la Communauté française, laquelle aurait perdu sa raison d’être. Quant à l’ex-droit belge, conservé, sauf exceptions, il se trouverait placé sous la responsabilité du législateur français, successeur du législateur fédéral belge disparu. Les compétences des provinces et des communes seraient maintenues. Et notre système de sécurité sociale serait adossé au système français. (…) »

En réalité, ce n’est qu’un vent incertain venu de France qui a inspiré quelques rattachistes qui pensent que cette « tambouille » pourrait être utilisée à leur profit et séduire des électeurs indécis sur l’avenir. « Venez chez moi, la soupe sera aussi bonne, vous en aurez toujours autant, et cela, gratuitement » serait le message à saisir par l’électorat qui devrait plus facilement  leur permettre une accession aux avantages matériels que procurent l’élection à un mandat politique.

 

Car qui peut croire que la France prendrait la relève de la Flandre dans un soutien à une région pour laquelle, Lenain l’affirme, « tous les économistes sont d’accord pour dire qu’une Wallonie privée des transferts financiers intrabelges verrait ses prestations sociales chuter de quelque 15 % ? ».  Il tombe ainsi dans l’argumentation (mensongère)  du « sac de cailloux porté par les Flamands », si chère à notre Leterme national.

 

Moralité, si le citoyen veut garder le gouvernement, les politiciens, les syndicats, les mutuelles, le double réseau d’enseignement wallons, s’il veut continuer à se dire belge et, qui sait ?, garder la royauté en place, alors il ne peut soutenir le RWF, seul parti rattachiste qui ose proposer une révolution tranquille contre tout ce qui fait le malheur de la Wallonie depuis la création d’un état fédéral flamandisé.

 

Dans le cas contraire, il reste une route, difficile à suivre, emplie d’autant d’aléas que le réseau routier de la Région wallonne comporte de trous, mais prometteuse d’une réunion apaisée à une République dont la devise est « Liberté, Égalité et Fraternité », puissance économique, diplomatique et militaire reconnue mondialement.

 

Car l’élection de quelques élus «rattachistes » ne changera rien à la réalité des faits. Pour la réalisation de ce mariage tant espéré, il faudra un référendum populaire des peuples wallons et français, ainsi que l’accord du personnel politique wallon et français.

 

Et plus nous tarderons à exprimer notre demande au gouvernement français, plus la dégradation économique, sociale et politique de la Wallonie sera prononcée, plus les exigences françaises risquent d’être, à juste titre, du style « à prendre ou à laisser ».

 

Alors que diable, qu’importe les résultats électoraux du RWF, portons notre vérité avec conviction et fidélité. Les événements et les crises qui nous attendent, finiront par convaincre nos concitoyens de la justesse de nos vues !

 

Par René G. Thirion - Publié dans : Wallonie-France - Communauté : Journalistes et clubs presse
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Mardi 23 mars 2010 2 23 /03 /2010 09:25

De plus en plus souvent, l'on parle de Paul-Henry Gendebien, co-président du Rassemblement Wallonie France. Louanges et insultes pleuvent sur son nom. Mais au-delà ce ces diatribes sans fin, quel est cet homme dont Antoinette Spaak, lors d'une interview consacrée à sa retraite du monde parlementaire a dit toute son estime pour lui ?

Beaucoup ignorent sa personnalité profonde et ce n'est pas une biographie sèche qui peut mieux la faire connaître.

J'ai beaucoup aimé la description toute faite en nuances subtiles et en impressions nuancées que Jean Pierre Stroobants en a fait dans un article paru dans le Monde de février 2009.

J'ai donc voulu le publier à mon tour pour que beaucoup de mes lecteurs qui s'interrogent sur sa réelle personnalité puissent en prendre connaissance. Paul-Henry Gendebien est un être passionné, mobilisé par une foi dans les valeurs républicaines, l'amour de sa région et un attachement profond pour la France.

Ceux qui le traitent de dictateur sont ceux qui ne peuvent comprendre que cet homme veut jusqu'à son dernier souffle mener un combat qui ne peut s'embarrasser de compromissions politiques ou autres.

Parce qu'ils n'ont pas en eux cette flamme ardente quie crée le besoin de justice et d'absolu.

Bonne lecture

 

Paul-Hnery Gendebien; un rêve de France

Au concours "Qui aime la France ?", il l'emporterait haut la main. Et pourtant il est belge. Wallon, plutôt. Et encore, "par choix non délibéré, par héritage accepté sans bénéfice d'inventaire", écrivait-il, il y a vingt ans déjà. Sa capitale, c'est Paris, "port d'attache naturel du peuple wallon, havre lorsque grandit la tempête". Son modèle, c'est la république, qu'il n'oppose pas à la monarchie de son pays, mais qui résume simplement toutes les valeurs auxquelles il adhère. Son vrai pays, c'est la France. 

Yeux mi-clos, arguments enchaînés sans relâche, Paul-Henry Gendebien rêve plus que jamais du grand matin. Celui où il se rendra aux urnes pour répondre à la question toute simple qui serait posée aux francophones belges : "Voulez-vous faire partie de la République française ?" Cela lui vaut d'être affublé d'une vilaine étiquette : "rattachiste", allusion à un courant politique plus ou moins présent, selon les périodes, dans le sud de la Belgique et dont il incarne le "canal historique". Il revendique l'idée, bien sûr, mais préfère se définir comme "réunioniste". Pour lui, Wallons et Français ont toujours été dans le même camp. Et il n'est pas avare de formules pour appuyer sa démonstration. "Quand la France souffre, la Wallonie souffre. Quand elle est fidèle à ses valeurs de liberté, les Wallons sont à ses côtés", lance-t-il.

Une légère pointe d'accent ardennais qui égaye une langue châtiée, une mèche grise qui retombe en désordre, des lunettes fumées posées sur le bout du nez, une volonté vibrante de convaincre : Paul-Henry Gendebien fait sourire, intrigue, étonne, tant par son érudition que par sa ténacité. "C'est un foutu casse-pieds, mais quel talent !" concède l'un de ses anciens adversaires politiques, du temps où il dirigeait le Rassemblement wallon, une formation régionaliste, dans les années 1970.

Depuis, celui que la presse conservatrice avait baptisé le "Baron rouge", allusion à ses lointaines origines aristocratiques et à ses convictions "antisystème", a évolué et tiré un trait définitif sur la Belgique de papa, celle que ses ancêtres contribuèrent à fonder. Plus personne ne songe à dire, comme à ses débuts, qu'il est un "révolutionnaire incivique" ou un "fédéraste". Maintenant que tout le monde évoque ouvertement la possible fin de la Belgique, ce septuagénaire retrouve une âme de pionnier et l'ardeur du prêcheur.

Il parcourt sa Wallonie de long en large, dénonce, mobilise, interpelle, se lamente du peu d'écho que lui réservent les grands médias. Mais au fond de lui, il se réjouit d'avoir renoué avec la tradition familiale de l'engagement politique en un moment déterminant.

Quatre de ses ancêtres participèrent à la Constituante belge, qui accoucha de l'Etat indépendant en 1830-1831. De tous, c'est sans doute Jena-François Gendebien qu'il préfère. Esprit indépendant, sans nulle trace d'opportunisme, fidèle à ses idées, comme il aime à le décrire. Le père de Jean-François, Alexandre, avait pour sa part négocié à Paris, notamment avec La Fayette et le roi Louis-Philippe lui-même, une réunion à la France ou, au moins, l'accession d'un prince français au trône de Bruxelles.

Ne lui dites pas qu'il reste ultraminoritaire. Il s'en moque. Son parti, le Rasseemblement Wallonie-France (RWF), n'a pourtant réalisé que 1 % en Wallonie, en 2004. Avec ses amis, il a pris l'habitude d'être caricaturé. Mais il est convaincu que l'interminable crise politique et institutionnelle de la Belgique a eu pour effet de convaincre de plus en plus de francophones.

Dans certains sondages récents, près de la moitié des Wallons se sont dits favorables au rattachement à la France. Une enquête a même indiqué que 22 % d'entre eux voulaient désormais la fin du royaume. Et des citoyens, fraîchement convaincus, semblent désormais appuyer l'idée du rattachement, parce qu'ils estiment simplement qu'il ne faut pas offrir Bruxelles à la Flandre ou à l'Europe. Dans les scénarios de M. Gendebien, la région-capitale, généralement présentée comme l'un des derniers freins véritables à la séparation du nord et du sud de la Belgique, serait donc offerte à Paris.

Voilà pour les bons sondages, ceux qui plaisent aux réunionistes. D'autres démontrent, au contraire, la volonté affirmée des francophones de maintenir un pays, certes fédéralisé, mais encore uni. Qu'importe. Pour Paul-Henry Gendebien, le temps est venu de présenter au peuple wallon, qui vivrait "en résidence surveillée", une autre perspective que la survie dans un Etat qui ne serait qu'un mythe, un mauvais ménage, un intermédiaire médiocre n'ayant jamais permis l'émergence d'une vraie nation. Ensuite, les Bruxellois seront à leur tour acquis à ces idées, estime le pape du réunionisme.

Ce discours-là, il l'a réglé au quart de tour, soir après soir, dans des salles municipales ou des bistrots de village, parfois sur un plateau de télévision. Il l'a testé auprès d'auditoires souvent hostiles, parfois conquis. RWF, combien de divisions ? Aucune, si l'on veut évoquer par là les débats houleux qui agitent souvent les groupuscules. Paul-Henry Gendebien s'impose à ses troupes par sa force de conviction, son passé au sein du Rassemblement wallon, des Parlements belge et européen et, surtout, par le rôle qu'il a joué à Paris en tant que délégué - une sorte d'ambassadeur - de la Communauté française de Belgique, l'organe politique qui unit les Wallons et les Bruxellois francophones.

Divisions ? Le RWF n'en compte pas davantage si l'on veut parler du nombre de ses militants. Lors de ses sorties - derrière des bannières qui affirment : "Wallonie, Bruxelles, régions de France" -, ils ne sont que quelques dizaines, professeurs, fonctionnaires ou médecins, à étaler leurs convictions. Mais les événements récents lui ont ramené de nouveaux militants, "très convaincus", affirme le RWF.

Il reste à savoir si, aujourd'hui, la France voudrait d'un demi-royaume, dont celui-là même qui voudrait le lui offrir concède qu'il manque "de grandeur, d'efficacité, d'esprit d'aventure". A en croire Paul-Henry Gendebien et ses relais à Paris, la France regarderait les choses "avec une grande gravité". Le réunioniste se convainc que la diplomatie est attentive et que, de toute façon, l'opinion française est "plus audacieuse et généreuse" que ses dirigeants. Qu'elle accueillerait à bras ouverts ses cousins d'outre-Quiévrain. Dans les scénarios très élaborés de M. Gendebien, l'Europe non plus ne serait pas un obstacle.

Quand il quitte ses interlocuteurs, un peu épuisés, Paul-Henry Gendebien aime souvent à citer une pensée : "Les grandes idées sont d'abord partagées par un petit nombre." C'est sa référence, non française. Elle est signée Goethe.

Jean-Pierre Stroobants, Le Monde, 25.02.09

http://www.lemonde.fr/europe/article/2009/02/24/paul-henry-gendebien-un-reve-de-france_1159704_3214.html#ens_id=1154445

Par René G. Thirion - Publié dans : Wallonie-France - Communauté : FORUM - LIBRE EXPRESSION
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Mercredi 17 mars 2010 3 17 /03 /2010 10:32

En 2003, la Cour constitutionnelle avait indiqué qu'une solution devait tomber pour Bruxelles-Hal-Vilvorde avant les prochaines élections. La Constitution belge précise que c'est le Parlement qui valide les élections et recours éventuels. C'est sa première tâche après le scrutin.

Des spécialistes de la Constitution, notamment Johan Vande Lanotte (sp.a), pensaient que le parlement nouvellement élu pouvait se déclarer lui-même élu constitutionnellement.

Mais cela pourrait ne plus être le cas. Un arrêt de la Cour européenne des droits de l'homme sur Mircea Grosaru, un Roumain qui avait été élu, mais n'avait pas pu siéger, stipule que toutes les élections doivent être contrôlées par un organe juridiquement impartial et indépendant.

Comment un parlement nouvellement élu pourrait-il d’une manière impartiale et indépendante  se prononcer sur sa propre nomination ?

Notre pays ne dispose pas d’un tel organe indépendant de validation et même s’il existait, cette instance de décision ne pourra jamais passer outre un arrêt de la Cour constitutionnelle.

Pendant ce temps, Dehaene joue les prolongations pour rendre l’oracle sur BHV, attendant ainsi le moment fatal où les Flamands auront deux fers au feu, le passage en force de la scission (le contraire serait interprété comme une faiblesse et une compromission par les électeurs flamands à un an des élections fédérales) ou l’acceptation par les élus bruxellois et wallons, effrayés par une crise institutionnelle sans précédent à l’aube de la présidence belge à l’Europe de passer sous les fourches caudines du vainqueur, consacrant ainsi les frontières définitives de la Région flamande.

Pendant ce temps aussi, Yves Leterme, transformé miraculeusement en produit anesthésique, parle d'une Belgique apaisée. Sa prestation de Wavre l'a démontré, le fédéralisme de participation est en route. Mais un fédéralisme où au parlement, une région domine définitivement les autres par sa représentation politique, peut dans l'absolu s'appeler " un fédéralisme colonisateur".

Et si les élus wallons avaient pour une fois u peu de panache. S’ils refusaient une fois pour toutes le chantage. Oh, ils vont encore probablement déclarer que la crise sociale et économique est plus importante que l’institutionnel qui est en train de nous étrangler.

Il n'est pas impossible de rêver. Il y a bien un moment où certains politiciens se transformeront en VRAIS politiques !

N'ayons pas peur de quitter un petit royaume de quelque 11 millions d'habitants pour rejoindre une grande république qui en compte près de 70 millions

Pour une fois, le devise nationale s'avère réaliste " L'union fait la force". Oui, mais pour une Wallonie avec la France !

Par René G. Thirion - Publié dans : Wallonie-France - Communauté : PARLONS FRANCHEMENT
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Mardi 16 mars 2010 2 16 /03 /2010 16:18

Je n’ai pas l’habitude de distribuer des « bons points » à nos hommes politiques que je considère comme étant de parfaits otages de leur parti qui est devenu le maître incontesté de leur réélection et, par conséquent, de leur carrière politique.

Mais j’ai l’intime conviction qu’ils sont sensibles aux attaques sur leur passivité de réaction aux demandes citoyennes et que cela peut les inciter à les prendre parfois en compte. C’est pourquoi j’anime ce site.

Aujourd’hui, je suis étonné et ravi par les déclarations faites au micro de Pascal Vrébos par Jean-Jacques Viseur, le bourgmestre CDH de Charleroi.

Il était interrogé sur l’arrêté de la Cour d’appel autorisant une enseignante à garder son voile lorsqu'elle donne cours.

A la question  "Vous avez compris cet arrêté ?", il a répondu "Je comprends le raisonnement, mais je ne partage pas du tout la logique adoptée. »

 "La logique est de dire que nous sommes dans un état qui pratique une certaine neutralité. Mais celle-ci, selon la cour, n'a pas les mêmes effets que la laïcité française. Ma thèse est que nous sommes dans un État dominé par le droit français et que la laïcité est une vertu de l'État. C'est vraiment parce que l'État est laïque que les religions peuvent s'exprimer. C'est aussi la volonté de voir l'État clairement respecter les options de chacun. Mais les respecter parce qu'il est neutre. »

Mais il a terminé par « Au delà de cette controverse philosophique vraiment importante, devons-nous appliquer les principes de 1789 ? Je le crois".

Les mots sont lâchés et ils sont extraordinaires de la part de cet élu d’un parti dont la présidente temporise sur une loi d’interdiction du port de signes religieux dans la vie publique et qui a accepté qu’une de ses députées se présente au parlement voilée !

Oui, nous devons appliquer les principes des révolutionnaires liégeois de 1789, qui ont été décrétés dans leur Déclaration des Droits de l’Homme et du Citoyen que « La liberté consiste à pouvoir faire tout ce qui ne nuit pas à autrui;  ainsi l'exercice des droits naturels de chaque homme, n'a de bornes,  que celles qui assurent aux autres membres de la société la jouissance des mêmes droits : ces bornes ne peuvent être déterminées que par la loi. (Art. 4) »

Le port de signe distinctif d’une religion ou d’une opinion philosophique est un envahissement passif ou actif de l’autre, lorsqu’il se fait dans les institutions publiques. Ces convictions doivent rester confinées dans le dialogue personnel entre individus et non portées comme une bannière invasive.

Merci, Monsieur Jean-Jacques Viseur pour cette prise de position claire et nette.
Elle vous honore et je vous encourage à lire avec attention cette fameuse déclaration faite en août 1789 quand un vent de liberté, de justice égalitaire et fraternelle a soufflé sur notre région !

Qui sait, une source d’inspiration pour vos déclarations futures ?     

Par René G. Thirion - Publié dans : Wallonie-France - Communauté : Parlons politique
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Jeudi 11 mars 2010 4 11 /03 /2010 10:07

Yves Leterme, à l’invitation de Charles Michel, bourgmestre de Wavre, devait venir parler sur le thème « Quelle Belgique pour demain ? »

Sans doute, une manière de rassurer les Wallons sur la manière dont ils sont digérés tous les jours dans l’état fédéral België.

Pour lui souhaiter la bienvenue et lui soumettre la solution idéale, c’est à dire le retour à la France des Wallons et l’enterrement définitif d’une Belgique unitaire défunte depuis longtemps, le Rassemblement Wallonie-France avait invité ses militants à se manifester en paix, lors de son arrivée.

Tout était prêt pour une réception joyeuse et colorée par les nombreux drapeaux bleu,, blanc, rouge frappée du coq wallon. Même Charles Michel l’attendait au seuil de sa maison communale entouré de sa police locale.

Yves Leterme a dû les prendre pour des manifestants « à la flamande » puisqu’il s’est introduit subrepticement par l’arrière du bâtiment. L’on n’est jamais trop prudent !

Mais le RWF n’est pas le Vlaams Belang et de toute façon, il suffisait d’entonner la Marseillaise comme il avait su le faire lors d’un 21 juillet passé pour s’attirer la sympathie et les applaudissements des manifestants.

Ou alors adopter la technique de son prédécesseur, devenu président permanent de l’Europe, face à l’insulte d’un député européen anglais qui le traitait de serpillière, une surdité temporaire et un mutisme prudent.

Décidément, nos maîtres actuels flamands manquent de panache !

WavreMichelMars2010.jpg

Photo Philippe Lenaerts

Par René G. Thirion - Publié dans : Wallonie-France - Communauté : Journalistes et clubs presse
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Jeudi 4 mars 2010 4 04 /03 /2010 17:45

André Antoine, le ministre wallon du Budget du gouvernement de la Région wallonne a déclaré être prêt à intervenir financièrement afin qu'Arcelor Mittal dispose des quotas C02 nécessaires pour la relance du haut-fourneau B d'Ougrée, prévue le 12 avril.

« La Région est prête à rencontrer les attentes d'Arcelor Mittal si ce qu'elle fait au présent s'inscrit dans un avenir » a-t-il dit lors d’une rencontre avec les représentants des syndicats liégeois.

Toutefois, il réclamera des garanties à Arcelor Mittal sur le maintien de l'emploi et la réalisation des investissements.

J’aime qualifier ce ministre de « bébé Antoine » car sa vision est souvent sinon toujours empreinte d’une naïveté toute enfantine.

Tous le monde sait que Monsieur Mittal mettra en fonction deux aciéries ultra performantes en 2012 ou 2013 en Inde.

Chacun se rend compte qu’il joue avec les travailleurs et les politiques wallons, selon la demande du marché, une fois fermant des sites, l’autre fois, les réactivant..

Comment ce ministre est-il aveugle au point d’ignorer l’histoire encore récente de ces groupes étrangers, qui, la main sur le cœur, nous assurent de leur volonté de s’installer durablement sur notre territoire, bénéficient d’aides importantes, puis claquent la porte, dès que la situation leur semble plus profitable ailleurs ?

Et le pire, c’est que l’argent public dépensé, le mien, le vôtre, pourrait servir dans le développement d’activités nouvelles. La Wallonie est riche de PME innovantes, freinées dans leur développement pour des raisons uniquement financières.

Là est le scandale. Le plan Marshall dont s’enorgueillit l’Olivier est totalement sous- financé.

Mais il en faut mécontenter personne jusqu’au prochaines élections, n’est-ce pas. Même Leterme II défend avec acharnement notre « Daerden international », face aux accusations des medias. Edifiant !!! Les Flamands défendant la présomption d’innocence d’un homme qu’ils détestent le plus souvent !

Par René G. Thirion - Publié dans : Wallonie-France - Communauté : Journalistes et clubs presse
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Lundi 1 mars 2010 1 01 /03 /2010 15:34

Dans une interview accordée au Groupe Sud-Presse, sous le titre de " Un vrai slogan pour la Wallonie ", Rudy Demotte, le président de la Région Wallonne qui porte également la casquette de président de la Communauté française (sorte de Wallobrux en gestation), déclare notamment " (...) Parler de Région wallonne plutôt que de Wallonie me semble dépassé par les faits. Comme pour les termes de gouvernement et de parlement  (de Wallonie et non plus de Région wallonne - NDLR).  La consécration de la Wallonie implique une révision de la Constitution  (??? - La Région flamande s'appelle souvent la Flandre sans aucune gêne par rapport à la Constitution actuelle qui parle pourtant de 3 régions - NDLR) (...) ".

 

Cette déclaration devrait remplir d'aise le citoyen que je suis. Après le papier à lettre de Di Rupo, alors ministre-président de la Région Wallonne, Royaume de Belgique comme son courrier le précisait à l'époque, voilà que Rudy Demotte parle d'identité wallonne plus forte.

 

Mais cela ne prépare-t-il pas l'acceptation de négociations sur modification de cette fameuse constitution, tellement désirée par les Flamands ?

 

Pourquoi pas, me direz-vous ? Mais à ce changement de nom doit alors s'ajouter obligatoirement une représentation égale au parlement fédéral pour cesser le statut de "cocus" que le fédéralisme belge nous a imposé. Une majorité flamande imposant sa volonté au peuple wallon en état d'infériorité numérique.

 

Et cette grande révolution libératrice d'un joug de plus en plus insupportable, il n'en fait pas mention.

 

Alors préparation psychologique à une échéance proche où les élus wallons vont se mettre à table pour encore une fois accepter l'inacceptable ?

 

Mais Pourquoi bouder le petit plaisir qu'il nous accorde ? Donnons lui un bon point pour un changement mimine mais sur la bonne router un avenir que nous réclamons. Nous lui faisons donc la suggestion de déjà marque l'évolution par le changement du logo officiel utilisé par son administration.

Et qui sait, peut-être un pas vers un logo plus représentatif.  Celui qui porte en filigrane, les mots Liberté, Égalité et Fraternité.
Un slogan qui ne devrait pas effrayer un vrai socialiste !
EvolutionLogoW-copie-1.JPG

Par René G. Thirion - Publié dans : Wallonie-France - Communauté : FORUM - LIBRE EXPRESSION
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  • : 19/07/2008

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