Vendredi 5 septembre 2008
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J’entends parler souvent des ethnies qui composent la Belgique et j’ai même tendance
à moi-même employer ce mot pour désigner les différentes composantes de cet état qui veut unifier des cultures et des comportements différents.
Prenons le temps de consulter une définition, celle du dictionnaire d’Antidote,
célèbre maison d’édition informatique canadienne. Ethnie, nom féminin : regroupement de personnes unifiées par une même langue et une même
culture, et qui possèdent une structure familiale, économique et sociale homogène.
Cette définition a le
mérite d’être claire, car elle permet de dire qu’il y a trois ethnies en Belgique, la Wallonne, la Néerlandophone et la Germanophone.
La notion de région
introduite dans la constitution politique du pays ne respecte donc pas un partage du territoire selon l’appartenance ethnique, mais se base sur le droit du sol. Ce qui nous donne une région wallonne avec deux ethnies, la francophone et la germanophone, une région bruxelloise avec deux ethnies, la francophone et la
néerlandophone, et la région flamande avec une ethnie néerlandophone, mais aussi selon les endroits de son territoire, de fortes minorités francophones.
Deux questions viennent
immédiatement à l’esprit.
Une nation moderne
peut-elle englober plusieurs ethnies fortement différentes sinon opposées, favorisant ainsi le fameux « droit du sol » au détriment des « droits de
l’homme » ?
Je sais que la question
attristera beaucoup de Wallons qui rêvent d’un partage d’une Belgique éclatée au profit de deux régions, abandonnant ainsi une partie de leurs frères ethniques, parfois même majoritaires
dans certaines parties d'une autre région ? Et l’ethnie germanophone n’a-t-elle pas droit à une vie indépendante, elle aussi ?
L’article 3 de la Déclaration des Droits de l’Homme et du Citoyen pour le Franchimont, faite par un Liégeois en 1789, ne devrait-il pas conduire nos pensées,
« Toute souveraineté réside essentiellement dans le
peuple : nul corps, nul individu, ne peut exercer d'autorité qui n'en émane expressément. »
Cela ne doit-il pas nous orienter vers une lecture moins stricte d’une
constitution qui nous a condamnés, sans consultation populaire, à être attachés à la terre comme le serf du moyen-âge, plutôt qu’à la communauté ethnique à laquelle il
appartient ?
Bien sûr qu’une communauté ethnique doit posséder son territoire et
veiller à ce que le lien de fraternité se maintienne entre ses membres. Mais les frontières linguistiques belges sont bien plus des frontières politiques qu’ethniques.
Cette réflexion nous amène au problème bruxellois, important à mes yeux
au nom de la fraternité wallonne. Et c’est là que le bât blesse à mes yeux. Bruxelles appartient selon la définition donnée en début d’article à l’ethnie wallonne à 90% et a droit à se réclamer d’elle et demander notre soutien.
Mais pour cela, elle doit marquer nettement son appartenance à l’ethnie
wallonne et sa volonté de la retrouver ou alors, elle devra opter vers un destin solitaire qui devra la conduire vers un avenir européen indépendant, pour ne pas devenir
territoire flamand.
Cet article est une opinion personnelle et n’engage aucune autre
personne que moi et surtout aucun mouvement politique. Mais je trouve dommage que beaucoup trouvent
que le droit du sol prime encore dans un monde moderne. Il n’a amené que des malheurs au cours du siècle dernier et recommence en ce début de siècle.
Ce que j’appelle de tous mes vœux, c’est le droit du cœur, celui de
choisir un état fédérateur où je retrouverai ma culture et ma langue ou chacune des ethnies qui le peuplent se comprennent et s’apprécient. Pour nous, sans aucun doute, cela ne peut qu’être la
France !
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