Mardi 9 septembre 2008
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18:35
À la première fête de Wallonie, celle de Seraing, Alain Mathot,
Bourgmestre de Seraing, lors de son discours officiel a lancé un retentissant « Si les Flamands veulent l'indépendance, qu'ils la prennent ».
Il n’en fallait pas plus pour que certains se voient déjà français. Au bal des aveugles, les borgnes sont
rois.
Que sous-entendait ce message concis, mais ferme ? Nous conserverons une Belgique unie sans eux ? Nous déclarerons
l’indépendance de la Wallonie ? Nous demanderons le rattachement à la France ?
S’il s’agissait simplement d’une musculation préélectorale pour faire croire à l’électeur futur que nos grands hommes du PS
résisteraient à la volonté du flamand infidèle de casser le ménage Belgique. Cette phrase colérique semble plutôt être empreinte de dépit et
témoigner de la nostalgie que susciterait cette séparation injuste qui nous serait imposée. La fin d’un grand amour de la faute de l’autre, quoi !
Après avoir fermé à clé la porte du foyer conjugal, combien de femmes trompées ne se sont-elles pas exclamées de la même
manière . « Si tu veux la rejoindre, la porte est là. »
C’est à peu près la même réaction. L’on dit tellement que la Wallonie ne survit que grâce aux transferts financiers de la
Flandre qu’il est normal de craindre la séparation. Comment la Wallonie abandonnée pourra-t-elle survivre ? Les prophètes de malheur annoncent un séisme tel que la région entière serait
paupérisée et que l’ère de la soupe populaire reviendrait rapidement.
L’on peut raisonnablement se demander s’il est besoin que la Flandre nous quitte pour en arriver là. Le gouvernement fédéral
semble capable d’y pourvoir sans aucune difficulté dans l’unité nationale.
Nous allons entendre, au cours de toutes les fêtes de Wallonie (oui, j’oubliais de vous rappeler que la notre région est
tellement unie qu’elle est fêtée dans différents endroits, à différentes dates du mois de septembre) qui vont se dérouler, les déclarations des
orateurs qui seront du style « Retiens-moi ou je fais un malheur » ou encore « Si tu continues ainsi, je ne te parle
plus ».
J’adresse mes plus vives condoléances à tous ceux qui rêvent entendre une phrase emplie de dignité, telle que « nous
demandons à notre parlement d’envisager la séparation de notre région de l’État fédéral et de commencer l’analyse du bien commun pour arriver à un
juste partage. »
Ah, comme la situation s’éclaircirait tant pour les Wallons que pour les Bruxellois et les
Flamands !
Enfin, toutes les cartes, même celles dissimulées depuis longtemps chez les tricheurs du jeu belge seraient étalées sur la
table. L’on commencerait à percevoir une réalité, loin des affirmations nébuleuses des uns et des autres.
Là nous pourrions décider en connaissance de cause pour l’indépendance, le rattachement ou la confédération.
Toutes les déclarations dans les prochains jours ne seront que du vent qui ne pourra qu’assécher nos cœurs et nos
espérances !
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