Jeudi 13 novembre 2008
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Neelie Kroes, commissaire européenne à la concurrence, a nettement traité Yves Leterme de
menteur.
Le premier ministre n'aurait en effet pas dit la vérité en affirmant que la Commission européenne n'était pas
joignable au cours du week-end durant lequel les pays du Benelux sont intervenus pour sauver Fortis.
La commission a déjà approuvé les plans de plusieurs États membres, comme la France, les Pays-Bas et l'Allemagne, et rendu des décisions sur les mesures spécifiques en faveur de certaines
banques. Bien que la Belgique ait été l'un des premiers États membres à être frappée par la crise financière, aucune décision n'a été rendue au sujet des banques du pays, ni à propos du plan
général de garantie décidé par le gouvernement.
Neelie Kroes attend maintenant des « informations détaillées » du gouvernement belge sur les
éventuelles aides d'État impliquées dans l'opération de sauvetage de Fortis, avant le démantèlement et la revente du groupe bancaire. " Nous demandons des informations détaillées en sorte
d'évaluer si des aides d'État sont impliquées, et de déterminer, le cas échéant, leur nature et si elles sont autorisées ", ajoute-t-elle. C’est bien parti avec la sympathie que les
affirmations de Leterme le gaffeur déclarant que la Commission n'était pas joignable au cours du week-end durant lequel les pays du Benelux ont injecté 11 milliards d'euros pour sauver
Fortis.
Une guerre entre la Belgique et l’Europe est-elle en préparation ?
Autre monument du courage politique, Karel De Gucht, ministre fédéral des Affaires étrangères belges. Bien
entendu, à propos des bruits de délits d’initié qui courent sur lui, il dément que la vente apparemment
réelle de quelque 2.000 actions Fortis par son épouse.
Culpabilité ? Légèreté sur l’oreiller conjugal ? Hasard miraculeux ? Peu importe. L’on voit ce
qu’est devenu l’honneur des politiciens. Lors de la catastrophe du Heysel en 1985, le ministre Charles Ferdinand Nothomb démissionna. Avait-il eu vent de la catastrophe qui se préparait ?
Avait-il exercé la surveillance du stade ? Était-il simplement malchanceux d’avoir vu la rage des hooligans s’exercer en Belgique ? Non.
Mais l’honneur de la fonction était encore important à l’époque.
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