Et le député flamand d'accuser les dirigeants politiques francophones de commettre « l'erreur historique de continuer à refuser d'adapter nos structures d'État et à aspirer à un New Deal
entre communautés de ce pays. Ils ne comprennent toujours pas qu'un État est en train de mourir », concluait-il. (Source : La Libre Belgique du 10/07/2008)
Voilà un politicien qui n’adopte pas la langue de bois de son frère. Aujourd’hui, il doit boire du « petit lait ». Les francophones ont rejeté les accords qu’il désirait sur les
réformes amicales, mais intéressées qu’il espérait. Le nouveau gouvernement devient représentatif du « peuple » souverain, donc il devient l’État.
Et ce gouvernement de l’État flamand montre qu’il va désormais appliquer le plan B soit la fameuse doctrine de Maddens qui préconise l’étranglement de l’état fédéral par l’application une
politique flamande, toujours basée sur la légalité, mais strictement libre des décisions ou pressions fédérales.
Son pauvre frère doit s’arracher les quelques cheveux qui lui restent. Voilà que le chaos dont il menace les séparatistes s’annonce très proche.
Mais les grugés dans ce nouveau développement, ce sont bien les Wallons. Les électeurs de Wallonie ont privilégié les quatre partis qui s’accrochent à une Belgique qui se dérobe, au lieu de
voter RWF. S’ils avaient refusé un tant soit peu la propagande malsaine de nos lâches politiques, ils auraient, qu’ils soient monarchistes ou républicains, probelges, indépendantistes ou
rattachistes, voté en nombre suffisant pour le seul parti capable de mettre fin au chantage exercé depuis plus de trente ans. Paradoxalement, ce la aurait peut-être été une bouée de sauvetage
pour l’état fédéral par la démonstration d’une capacité wallonne de répondre aux injonctions toujours plus pressantes des Flamands. La crainte d’une explosion de cet état fédéral, vidé de toute
autorité et qu’ils veulent maîtriser pour conquérir les derniers bastions francophones.
Car il ne faut pas se leurrer, les déclarations faites cette année pour le 11 juillet étaient claires. À l’Hôtel de Ville de Bruxelles, il a bien été déclaré que Bruxelles devait demeurer pour
le monde une vitrine belge (flamande – NDLR) et qu’elle était la capitale incontestable de la Flandre.
Cette affirmation prouve bien que l’idée des politiques flamands est bien d’avoir un état indépendant dans ses lois et ses décisions, mais possédant une influence dominante sur la Belgique.
Heureusement, "qui souffle le vent récolte la tempête", et il n’est pas exclu que les électeurs flamands, convaincus d’appartenir à un peuple unique et à une nation supérieure, ne poussent à
des exigences tellement fortes que la Belgique éclatera définitivement, mettant fin ainsi à leur domination dissimulée, mais réelle.
Qu’un Di Rupo admette que les négociations avec la Flandre seront désormais plus dures, démontre l’incapacité de ce président et de son parti, à avoir une influence positive pour l’avenir
de la Wallonie. Il aurait fallu, qu’il ait le faible, mais réel courage d’un Eerdekens, d’au moins oser dire que l’option de rattachement de la Wallonie à la France était désormais une
possibilité envisageable en cas de durcissement flamand !
D’autre part, Joëlle Milquet, malgré son surnom de « Madame Nee » ne peut que s’indigner sur une décision de gouvernement régional de profiter de son autonomie pour compléter les
allocations familiales des enfants flamands. Qu’attend-elle pour exiger la même attitude en Wallonie ? Il est vrai que les disparités financières entre régions se sont accentuées sous les
législatures précédentes wallonnes.
Ne parlons même pas de Javaux qui rêve à une révolution verte dans un pays exsangue !
Oui, Éric Van Rompuy avait raison. Pas d’accord sur l’institutionnel avant les élections régionales de juin 2009, la méthode pour rendre les « francophones » plus dociles est en
route.
Mais rien n’est joué, car une chute du gouvernement fédéral pourrait intervenir en fin d’année, face au précipice social, économique et financier entre les régions qui se crée et qui ne peut
qu’entraîner des crises politiques majeures au fédéral.
Et qui sait, cette fois l’électeur pourrait enfin comprendre l’intérêt pour la Wallonie (et pourquoi pas pour Bruxelles) de faire entrer le parti rattachiste au gouvernement et de marquer ainsi
au moins un coup d’arrêt à la furie de conquête flamande !
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