Lundi 30 novembre 2009
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Hier dimanche 28 novembre, les
débats télévisés sur RTL-TVI et la RTBF portaient sur la nomination d'Yves Leterme comme premier ministre, sur l'avenir du gouvernement et sur le sujet du jour, la nounou que le CD&V lui a
trouvée pour résoudre l'épineux dossier de la scission de BHV. Sir RTL-TVI, les vice-premiers avec leur langue de bois habituel et sur la RTBF, des parlementaires flamands et francophones (il
faut bien les appeler ainsi puisqu'ils se reconnaissent comme cela plutôt que comme Wallons ou Français de Belgique).
Les deux débats étaient affligeants
et tentaient de faire croire que la Belgique pouvait encore exister et que de nombreuses solutions existaient. Mais bien sûr, quand des nationalistes s'opposent à des "sans racines", cela ne peut
déboucher que sur la victoire des premiers sur les seconds qui n'ont rien à défendre sauf leur statut personnel.
Donc pour ne pas couper les chances
d'avoir un compromis "à la belge", le CD&V qui est le seul maître du jeu, alors qu'il est devenu minoritaire sur le plan parlementaire, a choisi de "pampériser" (le mot est d'un journal
flamand) en lui donnant une mentor sur le plan ide la recherche d'un consensus institutionnel, Jean-Luc Dehaene, celui qui refuse toute concession dans la délicate affaire BHV puisqu'il a même
menacé de ne pas organiser les élections européennes si la scission BHV n'était pas entérinée. Drôle de plombier, chargé de construire une tuyauterie inter communautaire alors qu'il y crée des
fuites.
Mais après des discussions sur les
deux chaînes de télévision, l'on en est arrivé pratiquement à l'unanimité sur une conclusion qui m'a donné le titre de cette nouvelle, la Belgique, cimetière des parlementaires et de la
démocratie. Quelle est-elle ? Si le plombier termine son ouvrage, il remettra ses propositions au 1er ministre pour qu'il les propose aux présidents des partis. Vous avez bien lu aux PRÉSIDENTS
DE PARTIS. C'est donc un aveu implicite que le pays est désormais gouverné par eux et que les ministres ainsi que l'ensemble des parlementaires n'ont qu'un seul devoir, appliquer ce que les
présidents ont décidé entre eux. Ce ne sont plus des élus du peuple, libres de suivre leur conscience, mais bien obligé d'obéir comme des zombies au Gourou qui les
dirige.
Notre démocratie est donc morte,
bien morte et les parlements et sénats sont d'immenses cimetières, onéreux certes, mais où ceux qui y reposent sont dans la sérénité confortable que donne l'abandon de toute velléité de révolte.
Quand l'on voit la fronde qui agite parfois l'UMP contre des décisions du gouvernement ou des ukases du président français, l'on se met à rêver de cette république où le plus petit candidat à la
présidentielle a le même temps de parole que les favoris à la télévision nationale. Les élus, de gauche comme de droite ne sont pas des godillots, comme De Gaulle aimait les appeler en son
temps.
L'on me dit parfois mais en France,
il a aussi des affaires. C'est vrai. Mais j'attends toujours des procès comme l'affaire Clearstream ou l'affaire des emplois fictifs de la Ville de Paris. Un ex premier-ministre et un
ex-président de la République devant les tribunaux et un ex-ministre de l'intérieur condamné à un an de prison ferme, j'attends toujours cela en ce royaume devenu bananier au fil du temps, et où
un politique condamné en son temps dans l'affaire Agusta se retrouve parmi les "sages".
J'ai la désespérance de la
République, celle qui est loin d'être parfaite, mais dont les élus tentent de défendre leurs électeurs et donc sont dignes de respect !
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