La Belgique entité étatique en voie
d'évaporation n'est pas une nation mais une machination anglaise .
« Nel mezzo del camino
della nostra vita Mi ritrovai per una selva oscura, Ché la diritta via erasmarrita … » -Au milieu du
chemin de notre vie, je me trouvai dans une forêt sombre, la route où l'on va droit s'étant perdue. - Dante Alighieri, Inferno.
Les canards sans tête courent longtemps. Et celui dont il est question ici parcourt dès l’origine un
labyrinthe qui semble ne mener nulle part – sinon à un marécage où s’embourbent les meilleures volontés, les énergies les plus déterminées, et d’où nous-mêmes ne saurions émerger
indemnes.
Nous avons, ailleurs, retracé – rétabli – la continuité historique de ce que Freud aurait qualifié d’illusion, échafaudage instable édifié sur les ruines refroidies
d’un équilibre européen qui, ici pas davantage qu’ailleurs, n’aura eu vocation à l’éternité.
D’ailleurs,
le roi est nu, chacun le sait aujourd’hui – ni la Saxe, ni Cobourg, ni Gotha, ne se trouvent quelque part entre Meuse et Escaut.
La
Belgique, entité étatique « en voie d’évaporation », n’est pas une nation, mais une machination anglaise – ce dont les Britanniques conviennent volontiers aujourd’hui. Il convient donc
de dissocier soigneusement son étude d’un soi-disant dépassement des nations, cher à une certaine oligarchie, mais dont la réalité ne se vérifie nulle part. Collage, bricolage préfigurant l’Union
européenne, elle réunit malgré eux deux peuples que rien ne rassemble, ni la langue, ni la conception de l’Etat et de la citoyenneté, ni les attirances, préférences ou dilections – ce qu’on
appelle l’affectio societatis.
Cependant,
prenant appui sur l’édifice des féodalités, de Lotharingie en « Bourgogne » dressée contre la France avec l’appui intéressé des puissances anglo-saxonnes et germaniques, toute une idéologie, dite
belgicaine ou pirenniste, aura hypostasié une Belgique mythique – qui n’était qu’une partie de la Gaule – pour habiller des intérêts bien concrets … dont l’écheveau se défait sous nos
yeux. Il reste que cette construction, « européenne » avant la lettre, aura durablement affaibli la France, l’empêchant de faire jeu égal avec ses concurrentes, et ouvrant sa frontière à la
litanie des invasions.
Sans
Belgique, pas de Plan Schlieffen. « La Belgique est le rempart de l’Europe contre la France », répétaient les instituteurs d’Outre-Quiévrain … Certes, aujourd’hui, les affrontements, sur notre
continent, semblent avoir définitivement changé de forme. La dissuasion nucléaire, et son usage théorisé par le général Gallois, protège la France – mais faut-il pour autant tenter le diable, et
renoncer, s’il est possible, à mettre un point final à ce qui sera resté, indépendamment du caractère ouvert de sa population, un formidable instrument d’intimidation, et de fixation des énergies
françaises, tandis que l’Angleterre partait à la conquête du monde, imposant sur la plus grande partie du globe sa langue, sa finance et ses conceptions ?
Où en
est-on ?
Venant
après plus de trois années de palinodies, les élections de juin 2010 n’ont, à ce jour, toujours pas permis de mettre sur pied un gouvernement, le record du monde de crise ministérielle, détenu
par l’Irak ( ! ), étant bien près de tomber … L’antagonisme entre Flamands et Francophones est toujours là. Ce qui a changé, c’est que la revendication d’indépendance de la
Flandre, autrefois brandie par la seule extrême-droite – Vlaamse Unie, Vlaams Blok, Vlaams Belang – est aujourd’hui reprise par un parti, appuyé par une coalition, représentant l’ensemble de la
société flamande. Or, Bart De Wever, chef de la N-VA – Nieuwe-Vlaamse Alliantie – vainqueur des élections, refuse de gouverner la Belgique sans une profonde « réforme de l’Etat », qui
équivaudrait, de la part des Francophones, à une capitulation en rase campagne (rappelons, parmi les exigences flamandes, la scission de l’arrondissement BHV sans contreparties durables, ni
fiables – voir plus loin).
Les
Francophones, sous la houlette d’Elio di Rupo, à la tête du Parti Socialiste, ont une conception bien différente du rôle des pouvoirs publics, plus proche de l’idée que l’on s’en fait en France …
tout en étant historiquement les défenseurs d’une Belgique unie – dont les partisans les plus naïfs organisent, à intervalles espacés, des manifestations revendiquant l’ignorance et l’inculture …
telle la récente « Shame » (à l’intitulé anglais ! ) … qui ne peuvent déboucher sur rien.
En effet,
les Francophones belges restent pris dans une contradiction insurmontable : comment se revendiquer « Belges », alors que la majorité desdits « Belges » ne se reconnaît que comme flamande, et suit
des partis dont les représentants ont pour mot d’ordre « België barst ! » (« Crève Belgique ! ») ? Peut-on vraiment être « Belges tout seuls » ? Faire comme si la majorité de la population
n’existait pas ? Certes, nous sommes au pays du surréalisme, mais il y a des limites … Les Flamands, de leur côté, ne sont pas moins prisonniers de leurs propres conceptions. Ce sont des
partisans déclarés du droit du sol – mais appliqué à une entité territoriale mal définie, comme si le sol primait sur la volonté de la population qui l’habite ! … Et, simultanément, des tenants
d’un nationalisme ethnique exacerbé : si, comme l’affirme dès l’origine le mouvement flamingant, « De taal is gans het volk » (« La langue à elle seule fait le peuple »), encore faut-il être «
vlaamsvoelend » (de sentiment flamand), ce qui, dans l’opinion flamande, fait trouver toutes naturelles les tracasseries sans fin auxquelles sont soumis les Franstaligen (Francophones) en «
Flandre », qu’il s’agisse du « wooncode » (code d’habitation à visée d’épuration ethnique), du droit à parler français des passants dans la rue, ou des écoliers dans les cours de récréation … ou
même du droit à être secouru en urgence, même si l’on ne parle pas flamand. Il n’est pas étonnant, dans ces conditions, que le Conseil de l’Europe ait jugé que les droits de l’homme ne sont pas
respectés en Flandre.
Car la
contradiction est là : cette Flandre, que la majorité de ses habitants semble vouloir indépendante, inclurait, selon ses propres thuriféraires, outre une minorité francophone non négligeable, si
pourtant oubliée, à Anvers, à Gand et sur la côte…
… Une
agglomération bruxelloise de plus d’un million d’habitants, massivement francophone. Bruxelles
est en effet francophone à plus de 90 % dans les 19 communes qui forment officiellement la région-capitale, et, dans des proportions variables, dans les 6 communes dites « à facilités », mais
aussi dans d’autres
La question
de Bruxelles est la principale pierre d’achoppement des négociations, mais elle n’est pas la seule : les transferts financiers entre régions font également l’objet de querelles interminables, car
rien, dans ce pays, n’est bien défini. A l’unanimisme flamand d’une revendication vociférante s’oppose, côté francophone, l’enchevêtrement des compétences entre région et communauté …
Le statut
de Bruxelles, et de sa périphérie, reste un enjeu incontournable. Contradiction flamande : si les néerlandophones sont aujourd’hui, par statut, surreprésentés, ils refusent l’élargissement de la
région qui, seul, justifierait le maintien d’un statut bilingue, en incluant des populations non francophones … A noter que les immigrés, très visibles dans certains quartiers,
ne représentent que 17 % de la population dans la région-capitale.
Rappelons
que les actuelles frontières étriquées de Bruxelles résultent d’un arrangement politicien conclu en 1962-63 sans la moindre consultation populaire. Et ce carcan, rappelé chaque année par la
provocation que constitue le « Gordel », fausse également toutes les données statistiques ! En effet, la région de Bruxelles-capitale, déjà officiellement plus riche que la Flandre (pour un
indice européen de 100, la Wallonie est à 89, la Flandre à 115 et Bruxelles à 173), est à l’origine de la prospérité de tout le Brabant, tant flamand que wallon. Pensons que ce qui transite par
l’aéroport de Zaventem est comptabilisé comme flamand …
Il existe
en réalité différentes entités :
• La région
de Bruxelles-capitale, avec ses 19 communes ;
• Les 6
communes à facilités – ces « facilités » linguistiques, quipermettent aux Francophones d’être administrés en français, n’ont, dans les textes, aucun caractère provisoire, contrairement à une
interprétation flamande abusive ;
•
L’arrondissement BHV (Bruxelles-Hal-Vilvoorde), englobant les communes à facilités, mais s’étendant bien au-delà dans le Brabant flamand, dans lequel les habitants ont le droit 1) de voter
pour les listes de leur choix, francophones s’ils le veulent, 2) d’être jugés en français.
• D’autres
communes limitrophes, comme Tervuren, qui, bien qu’officiellement en Flandre, comportent une minorité francophone importante.
Plusieurs
remarques s’imposent :
1°) La
réalité géographique, humaine, économique et sociale, est que la totalité de l’agglomération de Bruxelles est francophone. Ce qui pose le problème de la pertinence de la circonscription
envisagée : faudrait-il garder telle ou telle commune en Flandre, alors que ce maintien perturbe, et continuerait de perturber, la vie d’une grande métropole francophone ainsi prise en
otage par une petite minorité ?
2°)
D’autant que, pour essayer de dissoudre les Francophones dans la Flandre profonde, les autorités flamandes ont procédé unilatéralement à des fusions de communes (d’où les communes « en pétales de
marguerite » autour de Bruxelles).
3°) Il faut
en outre rappeler que le caractère francophone de cette ville, depuis toujours gouvernée en français … par des dynasties ou pouvoirs opposés à la France … n’est aucunement dû à une quelconque
action de la France, des Français, ni d’une Wallonie de création récente … même si le développement de Bruxelles est dû en grande partie à des Wallons …
4°) Dans
l’état actuel, Bruxelles est enclavée en Flandre – de peu, car elle n’est séparée de la Wallonie que de quelques kilomètres. Si la région-capitale était élargie, ne serait-ce qu’aux 6 communes à
facilités, elle serait en continuité territoriale avec la Wallonie par la commune de Rhode- Saint-Genèse (sans compter la forêt de Soignes, dont les arbres ne parlent pas flamand).
5°) La
région des Fourons, au nord de Liège, a également été rattachée à la province du Limbourg flamand contre la volonté de ses habitants … « grâce » à des tractations politiciennes à l’échelle belge,
puis au vote des Néerlandais de Maëstricht installés sur place, en qualité d’ « Européens » … Il y a là également un déni de justice sur lequel on ne saurait passer sans le corriger.
Il est très
important de noter que, du fait de l’existence des communes à facilités et de l’arrondissement BHV, les limites administratives en Belgique ne sont pas univoques (elles transcendent la division
en régions linguistiques), ce qui fait qu’on ne peut y appliquer le principe Uti possidetis juris, en transformant du jour au lendemain les délimitations territoriales existantes
en frontières internationales. D’où la résistance des Francophones à l’exigence flamande de scission de l’arrondissement BHV. Mais peut-on faire confiance aux hommes politiques belges
francophones ? …
Quel est
l’intérêt de la France ?
Notons tout
d’abord que la France, sagement, s’est abstenue d’intervenir dans les querelles belges. Cette attitude ne doit cependant pas aller jusqu’à l’indifférence. En effet :
• La prise
en considération du « temps long » permet de comprendre que la Belgique a toujours été instrumentalisée contre la France ;
• En cas de scission, la réunion de la Wallonie – et de Bruxelles – à la France permettrait un très appréciable rééquilibrage par rapport à l’Allemagne (dont la réunification n’a choqué
personne). En termes de population (3 500 000 Wallons + 1 000 000 de Bruxellois), mais aussi de richesses, et de positionnement géostratégique sur l’échiquier européen et mondial. On a beaucoup
dit que la Wallonie était en crise, mais la régionalisation belge y a eu des effets favorables, et l’on y trouve des entreprises de pointe … sans compter que la situation démographique n’y est
pas celle de la Flandre vieillissante …
La plupart
des commentateurs étrangers s’accordent pour dire que la Belgique est condamnée, à terme plus ou moins proche. Attention à l’effet « Pierre et le loup » : ce n’est pas parce que les observateurs
les plus lucides la prédisent depuis longtemps que la scission ne se produira pas, et ce beaucoup plus vite qu’on ne croit … L’essentiel, là comme ailleurs, est de ne pas être surpris par
les événements, de savoir quel est le but à atteindre, et la stratégie à adopter pour y parvenir.
Face à la
réalité de l’éloignement réciproque, et inéluctable, des deux communautés belges (sans compter la petite communauté germanophone, qui, elle aussi, devra librement décider de son destin), la
classe politique francophone s’accroche désespérément à une unité de plus en plus improbable, parce qu’elle y trouve un intérêt politicien, la justification de son existence pléthorique, et que,
du fait d’une sorte de syndrome de Stockholm, certaines habitudes mentales ont la vie dure. C’est ainsi que les problèmes, et leurs solutions possibles, sont toujours présentés dans un cadre
belgicain, que les sondages, et les médias, n’offrent pratiquement jamais l’option rattachiste. Malgré cela, la classe politique belge sait bien qu’il faudra un jour ou l’autre y songer – et des
travaux intéressants ont été consacrés à une éventualité de moins en moins improbable : ceux de Daniel Ducarme (la « Belgique française »), ceux de Jacques Lenain, fort détaillés …
Au-delà
d’un apolitisme savamment entretenu, la population francophone, de moins en moins confusément, y penche de plus en plus, même à Bruxelles, ville de tradition « bourguignonne », et même si les
partis rattachistes officiels n’ont encore que peu de partisans déclarés - mais il faut savoir que la Belgique pratique un « système des dépouilles » étendu, et que l’alternance politique, au
niveau régional, y est pratiquement inconnue … On sait d’autre part que les Français sont en majorité favorables à la solution rattachiste, et ce en l’absence totale de prise de position de la
classe politique.
Au-delà des
péripéties subalternes et transitoires, il apparaît donc qu’une vision politique large de l’intérêt de la France devrait faire préférer cette solution à toute autre, et notamment à la laborieuse
mise sur pied d’un mini « Wallobrux », à la viabilité incertaine, constamment poussé à se démarquer de la France … et à relayer, une fois encore, les intérêts de l’Empire …
La réunion
de la Wallonie et de Bruxelles à la France apporterait, à qui saurait la réaliser, de grandes chances de succès politique, et pourrait même faire oublier les échecs récents de notre pays. La
France attend son chancelier Kohl …
De leur
côté, les Francophones de Belgique pourraient enfin déployer leur énergie et leurs talents, débarrassés d’une tutelle teutonne belgo-flamande de plus en plus pesante. Or ils sont actuellement les
otages
• 1) d’une
« majorité » flamande automatique qui les bride ;
• 2) d’un enclavement de Bruxelles qui menace, à terme, l’appartenance à la francophonie d’une des grandesmétropoles de langue française du monde ;
• 3) du renouvellement des accords du Benelux, minorisant encore davantage la population francophone dans cette réédition du « Grand Royaume des Pays-Bas » … contre lequel les « Belges » se sont
révoltés en 1830 ;
• 4) d’un enfermement, à l’occasion d’un éclatement de l’euroqu’il faut pouvoir envisager comme une possibilité, dans une « zone mark » qui les condamnera à la désindustrialisation et à la
vassalisation.
La réunion
à la France changerait pour eux le rapport de forces avec la Flandre, laquelle se trouverait face à une République française de 70 millions d’habitants … perspective qui fait trembler les
Flamands, mais qui permettrait de résoudre à notre avantage, entre autres, la question des frontières
… Songeons
que, sur cette nouvelle frontière du nord, toutes les grandes villes limitrophes, avec leur force de rayonnement, seraient françaises : Dunkerque, Lille, Bruxelles, Liège. A condition que
Bruxelles puisse respirer … que le pédoncule Rhode-Saint-Genèse-Forêt de Soignes soit élargi … D’ailleurs un corsetage trop étroit de Bruxelles ne serait pas non plus dans l’intérêt de la
Flandre, quicontinuerait à voir s’étendre sur son territoire la « tache d’huile » francophone. Il faut donc à Bruxelles, comme à Lille, des frontières vivables, et défendables, qui n’obèrent pas
son avenir et son développement. Au besoin, si une Flandre obtuse prétendait étrangler les accès à Bruxelles, il conviendrait de lui rendre la politesse en ce qui concerne les accès au tunnel
sous la Manche, ou les ressources hydriques … Il faut bien voir que Bruxelles, aujourd’hui, a le choix entre deux destins : celui de Lille, et celui de Dantzig …
Mais qu’en
est-il de la question européenne ?
On excipe
un peu trop, ces temps-ci, du caractère de « capitale européenne » de Bruxelles, pour l’ériger en obstacle dirimant à toute réunion à la France. Mais qu’en est-il vraiment ?
• Tout
d’abord, il serait imprudent de parier, à long terme, sur la perpétuation de l’Union européenne sous sa forme actuelle … même si cette perspective effraie a priori la classe politique française …
Il est peut-être temps de mettre l’imagination au pouvoir …
• En second
lieu, Strasbourg abrite bien le Parlement européen ;
•
Troisièmement, il serait totalement destructeur, et contraire à une longue tradition, de rompre les liens entre la Wallonie et Bruxelles. Bruxelles, qui aujourd’hui essaie, sans succès, de
s’appuyer sur la Wallonie pour équilibrer la Flandre, pourrait au contraire rayonner sans contraintes sur une grande région nord, et, au-delà, sur une Flandre avec laquelle les motifs de friction
auraient disparu. Dès aujourd’hui, le Brabant wallon doit la plus grande part de sa prospérité à sa symbiose avec la métropole. En effet, Bruxelles est le premier employeur wallon. Quelque 140
000 Wallons travaillent quotidiennement à Bruxelles. Ces liens ne doivent pas être détruits.
Faut-il, de
plus, insister sur l’inaptitude des « institutions européennes » à administrer un « territoire fédéral européen », solution préconisée par certains, mais dont le résultat le plus sûr serait
l’impuissance, la gabegie, et le déni de démocratie … sans compter une anglicisation galopante !
Il est en
réalité impensable d’envisager de fixer le destin d’une grande métropole sans consulter ses habitants ! En cas de scission de la Belgique, un référendum dans toutes les communes
limitrophes entre les deux Etats successeurs serait indispensable avant toute fixation des frontières définitives.
Quelle
stratégie adopter ?
Tout
d’abord, écarter deux arguments :
• 1) Une
réaction négative des puissances étrangères n’est pas envisageable. D’abord parce que l’Angleterre s’en lave les mains (et le proclame), que les Etats-Unis ont d’autres chats à fouetter … et que
l’Allemagne peut se voir opposer la compréhension internationale qui a entouré sa propre réunification. Peut-on envisager une Allemagne s’opposant par la force à une réunification française
pacifique et respectueuse du droit des peuples à disposer d’eux-mêmes ?
• 2) Une
atteinte au modèle républicain français, qui serait ainsi menacé par une adoption du modèle ethnique de la Nation. Cet argument n’est pas non plus recevable. En effet, si les Wallons et les
Bruxellois (re)deviennent Français (après l’avoir été volontairement entre la Fête de la Fédération et Waterloo), ce ne serait pas par l’effet d’un atavisme ethnique devant lequel la France
capitulerait, mais par l’effet de leur volonté – et de celle des Français. Il serait tout de même aberrant de refuser aux Francophones de Belgique ce qui a été acté pour Mayotte !
Le
référendum ainsi envisagé en Belgique pourrait donc être précédé d’un référendum en France, de
manière à rendre l’opération inattaquable. Cette solution devrait être annoncée à l’avance… Il faut bien voir qu’un tel référendum serait gagnable par n’importe quel pouvoir politique, quelle que
soit sa tendance ! … En Belgique, il couperait l’herbe sous le pied aux tenants du faible « argument » selon lequel « les Français ne voudraient pas de nous » !
En résumé
:
Il n’est
absolument pas question que la France annexe quelque pays que ce soit contre la volonté de ses habitants. La République française respecte le droit des peuples à disposer d’eux-mêmes. Cela
n’empêche que, devant l’évolution de la situation, cette option doit être proposée à une population qui, de ce fait, n’aurait plus le sentiment d’être abandonnée au pouvoir d’autres peuples plus
puissants. Cette attitude, face à l’opinion française et internationale, peut se résumer par la formule SI … ALORS :
SI
la Belgique
éclate, ALORS la réunion est envisageable … et serait même accueillie dans l’enthousiasme ! Il n’est donc pas question de ne pas respecter la souveraineté de ce qui est encore un
Etat … même si, répétons-le, la Belgique n’est pas une Nation. C’était d’ailleurs la position du général De Gaulle, qui disait qu’en l’état, il ne fallait pas toucher à la Belgique … mais que si
une autorité wallonne représentative s’adressait à la France, il serait impensable de ne pas lui répondre … ou de lui fermer la porte au nez. Il y a donc une immense marge entre une politique
aventureuse, dont personne ne veut, et la politique de l’autruche.
D’autant
qu’en cas de refus de la part de la France, ou de bricolage en interne d’un mini-Etat « Wallobrux », à la légitimité et à la viabilité vacillantes, le danger d’apparition d’un « mini-Etat
maffieux » serait grand, avec une instabilité à nos frontières dont nous n’avons pas besoin … et une instrumentalisation par l’Empire anglo-germanique, par le biais de manœuvres et de chantages
engendrés par une situation de faiblesse endémique, et une imagination jamais à court …
Déjà,
certains échafaudent des « solutions » dont l’irréalisme le dispute à la perversité, d’un confédéralisme lâche dont la Flandre profiterait (en poursuivant son grignotage des libertés bruxelloises
– déjà elle s’oppose à la nomination de bourgmestres élus … sous prétexte qu’ils ont envoyé directement des circulaires en français dans des communes à facilités …) sans avoir à débourser quoi
que ce soit pour l’entretien de sa colonie, jusqu’à des « Eurorégions » aux contours de plus en plus flous, et aux financements incertains … avec pour seul dénominateur commun le caractère
TSF – Tout Sauf Français …
De plus, il
faut bien voir que c’est précisément un tel bricolage, réinventant un « belgicanisme » en plus riquiqui … qui menacerait l’unité française, en « justifiant » la mise sur pied d’une Savoie, d’une
Corse … indépendantes … … au nom
d’une « Europe » de plus en plus germano-germanique, et de moins en moins démocratique … Ces échafaudages peuvent d’ailleurs être masqués par des constructions constitutionnelles baroques … Il
est vrai que la Constitution française prévoit un régime d’ « association » au sein d’une « Communauté » … dont on voit mal l’intérêt en l’espèce. Il semble bien préférable d’appliquer ici le
critère de la simplicité – le rasoir d’Occam – qui verrait la Wallonie et Bruxelles constituer deux Régions françaises supplémentaires, développant ainsi des synergies et des coopérations de plus
en plus étroites avec les autres Régions françaises du nord …
… alors
qu’une solution provisoire, baroque et biscornue, ne ferait que retarder les échéances, et que la France se trouverait, tôt ou tard, mais à échéance qu’elle n’aurait pas choisie, acculée à un
sauvetage d’urgence difficile et coûteux. La voie de l’intérêt général est donc toute tracée. Il reste à le faire prévaloir dans le respect des procédures démocratiques, et en veillant à
accueillir dans nos structures politiques des élus qui, dès lors, n’auraient plus de raisons de s’opposer à ce qui ne serait que la réparation d’un accident del’Histoire.
CAVEANT
CONSULES NE QUID RESPUBLICA DETRIMENTI CAPIAT
«Que les
consuls prennent garde que la république n'éprouve aucun dommage.»
Denis Griesmar - février 2011-publié
avec l'aimable autorisation de l'auteur - Qu'il en soit remercié
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